François Fillon, Encore Une Fois, Tes Réformes On En Veut Pas !

En cette semaine de mouvements sociaux dans la fonction publique, une catégorie de personnels devrait avoir d'autant plus de raisons de manifester son mécontentement que son avenir est encore une fois dans les mains de François Fillon. Il s'agit des enseignants qui après avoir vu, comme tous leurs compatriotes, l'âge de la retraite repoussée, vont bientôt voir leur temps de travail augmenter. Evidemment, un travail dans des conditions déjà bien empirées par les restrictions budgétaires et les suppressions de postes, tandis que leur pouvoir d'achat a diminué de 5%.

C'est à regretter les années d'inflation où les salaires étaient au moins plus rapidement revalorisés. C'est surtout l'occasion de rappeler la recette du "miracle français" version Fillon : TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS ! Absurdité économique que nous nous étions déjà évertués à dénoncer en 2003. Même Raffarin, lorsqu'il annonce l'assouplissement des 35h, a au moins la douceur de faire croire aux employés du privé qu'"ils pourront travailler davantage pour gagner plus" !

Mais si après tout la perte des privilèges acquis des nantis fonctionnaires devrait être perçue comme un pas de plus vers l'égalité républicaine (Après tout l'égalité c'est pas forcément un toit pour tous, ça pourrait être aussi une soupe populaire garantie à chaque citoyen travaillant 8h par jour) ; parlons un peu de l'avenir de l'idée républicaine dont les enseignants sont censés assurer la propagation...

L'histoire-géo reléguées au rang de matière secondaire, et dont le but principal serait le repérage dans le temps et dans l'espace, la langue de Shakespeare customisé en Anglais de Communication Internationale, tandis que l'informatique et les technologies de communication entreraient en force dans le primaire, sans même réaliser qu'en 15 ans (le temps moyen d'une scolarité) les techniques sont déjà rendues obsolètes. Quant aux sciences sociales qui ont eu besoin de plus d'un siècle pour pénétrer dans le secondaire, elles pourront vite être remplacées par de la pure économie expérimentale, celle de la découverte individuelle de la réalité du marché du travail quand on est jeune et sans qualification, ce qui risque d'arriver à un nombre croissant d'ados dans les années à venir.